mercredi 30 avril 2014

Au pays du Maroilles

Dans la grande famille des fromages qui puent mais qu'on adore, le Munster n'est pas seul dans sa paroisse, loin s'en faut ! A la droite du père, si j'ose dire, mais sans vouloir évoquer la moindre hiérarchie, trône notamment le Maroilles, qui partage avec son cousin alsacien une odeur forte pas forcément engageante (surtout à maturité avancée), mais aussi un goût incomparable et pas mal de possibilités culinaires que mes cuisinières préférées savent nous faire apprécier avec talent. Présent dans ma région d'adoption plus connue pour son RC Lens, ses baraques à frites, sa dentelle et son accent, c'est tout naturellement et en essayant de jouer avec le vent que je suis parti vers la Thiérache, cette contrée verdoyante à cheval sur la Belgique et bien loin de l'idée que se font la plupart des gens du Ch'Nord ...
La journée s'annonce superbe, d'ailleurs c'est quasiment l'été à l'heure où j'écris ces lignes, mais un léger brouillard enveloppe encore la campagne au moment de partir ce matin. Je me dirige vers Bertry puis Honnechy en profitant de l'absence de vent de ce début de matinée (cela ne va pas durer !). Le but de la journée est de (re)travailler en force face au vent et dans les côtes, avec toujours en tête mes objectifs montagneux de moins en moins lointains ... D'emblée les sensations sont bonnes, et le circuit que je m'étais dessiné mentalement s'allonge naturellement. Aussi à Le Cateau, qui connut son apogée jusque dans les années 80 grâce à son industrie de filature et de tissage de la laine, et par ailleurs réputé pour son musée Matisse, je clignote à droite vers Le Pommereuil et la magnifique forêt de Bois l'Evêque. Cette verdoyante traversée mène à Landrecies, patrie de J-Marie Leblanc, ex-directeur du Tour.

Direction Le Cateau.

Forêt du Bois l'Evêque.
Entrée dans Landrecies.
Tiens, le vent se lève : la longue ligne droite qui conduit vers Maroilles en est la preuve. Rien de bien méchant cependant aujourd'hui, on a connu nettement pire. Après avoir traversé l'Helpe Mineure, je me dirige vers la sublime forêt de Mormal. Au cœur d'une hêtraie splendide, la route bordée de fûts majestueux file droite comme un "i" jusque Locquignol. Quelques bosses, le vent de face et surtout le chant des oiseaux et le calme de la nature printanière foisonnante m'accompagnent à bon rythme : la tête et les jambes se régalent !
Maroilles.

Maroilles.

Entrée de la forêt de Mormal.

Forêt de Mormal.

Forêt de Mormal. Tiens, un virage !
Le circuit continue en forêt jusque Jolimetz, où sur un coup de tête je bifurque sur une petite route pour passer à hauteur du Château de Potelle. J'y vais "au pif" et de mémoire, aidé par quelques panneaux indicateurs. Les routes sont un peu scabreuses, mais le jeu en vaut la chandelle quand j'arrive à destination. Hélas, impossible de pénétrer dans la propriété pour en découvrir les trésors, et notamment son pont-levis récemment rénové (un "Des racines et des ailes" spécial y avait été consacré). Bon, un toutou costaud m'a repéré, il est temps que je file avant qu'il ne devienne ronchon ! 
Aux abords du château.

Château de Potelle.
Je me retrouve donc à Le Quesnoy et ses fortifications et profite jusque Solesmes, enfin, du vent globalement favorable, ce que me confirment les élégantes éoliennes qui veillent sur les champs de colza alentour. Bizarrement, le vent s'inverse alors, tandis que je garde quasiment le même azimut pour rejoindre Quiévy, qui vit passer dernièrement le peloton du Paris-Roubaix, puis Caudry. 
Le Quesnoy.

Secteur de Ghissignies.

Secteur de Ghissignies.

La côte dite des "16 poteaux" : allez savoir pourquoi !

Trousse Minou.

Arrivée vers Solesmes.

Direction Quiévy.

Secteur pavé de Quiévy.
Tiens, j'ai bien roulé, il me reste du temps pour boucler un petit "100" imprévu : je fonce donc tout droit jusque Inchy, inexplicablement vent dans le dos, et m'octroie la boucle Troisvilles-Bertry-Clary-Caudry-Audencourt en guise de dessert. 
Inchy.
Juste avant le 1er secteur pavé, à Troisvilles.

Entre Bertry et Clary.

Entre Bertry et Clary.

Retour à Caudry.
Après 101 km, 825 m D+ (pas de cols mais une multitude de côtes qui m'ont permis de travailler mon thème du jour), parcourus en 3h20, il est temps de prendre une douche et de passer à table. Zut, ce n'est pas de la flamiche au Maroilles au menu !!! Une autre fois sans doute ...

Le parcours :



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