jeudi 22 mai 2014

La grande vadrouille

Gros chantier le WE dernier avec la réalisation d'un parcours de mammouth qui aura sérieusement sollicité les membres inférieurs ! L'idée de départ était de reconnaître entièrement l'étape 9 du Tour de France, Gérardmer - Mulhouse, projet qui s'est mué par la force des choses en boucle, avec retour sur les bords du lac. Néanmoins, nous avons roulé sur la route du Tour sur la 1ère partie de l'étape, avant de bifurquer ... et de corser la difficulté ! Pour le remake de ce film célèbre longtemps en tête au box office français, un trio déjà rencontré s'était reformé, avec à mes côtés Matthieu, bien sûr, auteur-réalisateur du scénario, ainsi qu'Olivier Küss, qui va bientôt prendre un abonnement dans les Vosges, vu la fréquence actuelle de ses venues dans notre région ! Allez, en selle pour une fantastique journée de vélo !
Tout le monde est ponctuel au RDV sur le parking du Casino : le temps de sortir les vélos des voitures, de choisir sa tenue vestimentaire (pas simple), nous pouvons comme prévu décoller peu avant 8h30. Nous sommes très provisoirement 4, puisque Agnès Küss nous accompagne jusqu'au pied de la Schlucht où elle trouvera son rythme et partira sur un parcours tracé par son coach bien aimé, qui n'a pas eu pitié d'elle : 120 km et +/- 3000 m D+ via le Petit Ballon, le Platzer, Oderen et Grosse Pierre, excusez du peu !
La bonne humeur est de mise, évidemment, mais l'ambiance est sérieusement refroidie par un vent d'Est à décorner les bœufs : diable, ça va être terrible en altitude !!!
Le 1er col de la journée se monte à bonne allure tout en papotant, si bien que mes 2 compagnons maintiennent un rythme naturel pour eux, mais un peu trop élevé pour moi, surtout qu'il n'est pas question de se mettre dans le rouge avec le programme qui nous attend ! Je maintiens donc ma cadence habituelle jusqu'au Collet où le vent nous gifle le visage. On se regroupe, bien sûr, au sommet pour attaquer la Route des Crêtes en direction du Calvaire ... vent de face donc ! Aïe, cette portion étant de plus montante jusqu'au Tanet, elle nécessite un effort loin d'être herculéen, certes, mais soutenu malgré tout, pour avancer à une vitesse correcte. Olivier, dont c'est la spécialité sur ce genre de profil, nous ouvre la route, tandis que mon thermomètre affiche un 7°C rikiki (4 ou 5 en moins pour le ressenti) : les manchettes / coupe-vent / casquette et, pour moi, gants légers, ne sont vraiment pas de trop !

De Funès, Oury, Bourvil, dans l'ordre que vous voulez, prêts pour la grande vadrouille !

A l'attaque de la Schlucht.

Vue depuis la Roche du Diable.

Peu avant le Collet.
Les copains qui m'ont attendu à la Schlucht.
Route des Crêtes.
Le train file dans le vent.
Olivier, ou "La vie est belle en vélo !".
Station du lac Blanc, au Calvaire.
Au Calvaire, on enchaîne sur 10 km de descente somptueuse jusque Orbey. Le peloton des pros risque d'atteindre des vitesses vertigineuses le 13 juillet prochain, sur ces larges routes sans pièges, mais aujourd'hui, gare aux bourrasques ! Puis à l'entrée du village, clignotant à droite, en direction du col du Linge via les Basses-Huttes. Au soleil et provisoirement vent de dos, avec qui plus est une perte notoire d'altitude, il fait sensiblement plus chaud, c'est appréciable. La montée commence en faux-plat, puis la route se met à monter agréablement après le hameau. Nous rattrapons alors un groupe de cyclistes partis peu avant nous, eux aussi du même parking, pour la reconnaissance complète de l'étape, et que l'on double une 1ère fois facilement. Rien de bien compliqué jusqu'au Wettstein, où une option plus judicieuse, à mon sens, des organisateurs, eût été de faire descendre les coureurs jusque Soultzeren pour remonter par Hohrodberg. Bon, on suit la trace choisie et on monte directement au col du Linge et son mémorial pour un rapide arrêt technique, à la faveur duquel le groupe derrière nous nous redouble. J'ai comme l'impression qu'on les agace un peu ... d'autant qu'on leur repasse devant en repartant ! La route nous mène jusqu'aux 3 Epis, le long d'une crête descendante, et de nouveau freinés par le vent. Un bref arrêt photo, puis nous repartons pour une longue et belle descente, au cours de laquelle nous retrouvons temporairement l'autre groupe, qui progresse sensiblement moins vite que nous, et que nous redépassons. A la sortie de Türckheim, nous ne tergiversons pas sur la courte portion de grand route avant d'attaquer les gros morceaux du jour. Il est temps d'enlever les coupe-vent, car on va rentrer dans le vif du sujet avec la montée des 5 châteaux. Comme nous le faisions remarquer entre nous tout en pédalant, ce genre de route est une sorte de représentation de ce que pourrait être le paradis du cyclisme tel que je le conçois, le genre de route où le cyclosport contemplatif (ou le cyclotourisme sportif, comme on veut !) trouve tout son sens : une route bien goudronnée sans une circulation envahissante, difficile à gravir sans se montrer infranchissable, dans la forêt sous un soleil radieux, le tout entre copains : le pied intégral ! Cette montée que nous ne connaissons pas se fait par paliers, raides, puis après 5 km, le gain d'altitude faiblit, avant de finalement redescendre brutalement sur Husseren les Châteaux, avec des passages à 15% : quel plongeon ! J'ose à peine imaginer en sens inverse ...
Un peu de chaleur au pied du col du Wettstein.

Pied du col du Wettstein.

Le groupe en reco de l'étape 9.

Basses-Huttes.

Vue sur les Crêtes.



Nécropole du Wettstein.

Col du Wettstein.

Col du Linge, vue sur la vallée d'Orbey.

Les amigos dans l'ascension du Linge.

Col du Linge.

Les Trois Epis.

Dans les vignes à la sortie de Türckheim.

Dans les vignes à la sortie de Türckheim.

Côte des 5 châteaux. Au loin, Munster.

Côte des 5 châteaux.
Côte des 5 châteaux.

Panorama sur la plaine d'Alsace à Husseren les Châteaux.
Pour le coup, on en prend plein la vue sur la route qui nous emmène jusque Gueberschwihr. Parmi les vignes et à flanc de coteaux, le panorama sur la plaine alsacienne et la Forêt Noire en arrière-plan est sensationnel, mais hélas de courte durée, car se présente à 90° la difficile montée vers le couvent St Marc. Au passage, arriver lancés à 60 km/h et virer brusquement en se retrouvant scotchés sur l'asphalte avec une pente à 10%, c'est sport ! Alors pour 200 juilletistes survitaminés, gare !...
Nous voilà partis pour environ 4 km d'une montée assez ardue. Le genre d'ascension rendue pénible par la sensation visuelle que ça ne monte pas trop, en totale contradiction avec l'inclinomètre, catégorique, la vitesse constatée et le braquet utilisé. De grandes lignes droites au bout desquelles je vois progressivement s'éloigner mes équipiers. Après avoir dominé le village au pied de la côte, instant magique, la route s'enfonce dans la forêt, sans point de vue, et avec cette impression passagère d'inefficacité. Hélas, aucune bonne sœur ne viendra comme dans le film égayer cette montée : point d'encouragements ou d'elixir céleste pour me booster jusqu'au sommet !
Encore des vignes !

L'Alsace dans toute sa splendeur.

Côte du couvent St Marc.
Vue plongeante sur Gueberschwihr.

Couvent St Marc.

Côte du couvent St Marc.

Difficile d'ailleurs de situer le sommet de cette montée revêche, puisqu'après un virage semblant marquer la descente, une nouvelle rupture de pente se profile. Enfin, après une transition plus longue que je ne l'imaginais, nous voilà sur la route du Firstplan. L'étape du Tour poursuivra en descente avant de se diriger vers le Markstein, le gros morceau du jour, et de poursuivre vers le Grand Ballon, pas très difficile par ce versant, puis de replonger vers Mulhouse. Les cadors montreront-ils le bout de leur nez ? Pas sûr, d'autant que l'étape du lendemain s'annonce bigrement musclée ...
Quant à nous, les réjouissances vont se poursuivre notablement, avec un menu bien plus copieux. Le Firstplan donc, qui ne passe pas trop mal. C'est le genre de col intermédiaire, ni facile, ni trop difficile, d'autant qu'on ne l'a pas gravi depuis le pied, et qui demande à s'employer sur une pente assez régulière autour de 7%. Une descente rapide et sinueuse nous conduit dans la foulée à Wasserbourg, où le Petit Ballon se présente à nous par sa face la plus dure. Les choses se corsent d'entrée, avec un raidillon terrible dans le village, qui donne le ton ! La partie qui s'ensuit dans la forêt n'est pas des plus aisées non plus. Heureusement, nous sommes à l'abri du vent ! Pour ma part, je m'attendais à pire au niveau des sensations, avec déjà un bon 2000 m D+ dans les guiboles. Mes 2 compères prennent petit à petit de l'avance, mais pas tant que cela, signe qu'eux aussi ne rigolent pas trop. Au Ried, où le folklore bat son plein, je pointe à 300 m environ et poursuis sans m'affoler (j'ai passé l'âge !). Je redoute la partie finale et ses fréquentes bourrasques de vent, mais il n'en sera rien, celui-ci se montrant même, dans son immense mansuétude, légèrement favorable ! Matthieu et Olivier resteront en vue jusqu'au bout, je les verrai disparaître au bout de la ligne droite finale respectivement (et approximativement) 2 min et 1 min avant que je n'y parvienne moi-même. Une belle montée pour nous 3 donc !

Col du Firstplan.

Col du Firstplan.

Col du Firstplan.

Direction Wasserbourg.

Une cigogne à l'approche de Wasserbourg.

Direction Wasserbourg.

Pied du Petit Ballon à Wasserbourg.


Petit Ballon : vue sur Wasserbourg.

Petit Ballon.

Petit Ballon.

Petit Ballon : ferme du Ried.

Petit Ballon.

Petit Ballon : sommet en vue.
Petit Ballon.

Sommet du Petit Ballon.

Vue panoramique au Petit Ballon.
Il fait frisquet là-haut, faut pas traîner ! Et il reste encore un client à dompter ! La descente est rapide, malgré un revêtement inégal, et débouche directement sur la 1ère épingle du Platzerwasel. Un col qu'on ne présente plus, redoutable à souhait, avec ses quelque 7,5 km à 8,5% de moyenne, de longues portions >10%, et 2 "replats" pour souffler. Au col, une courte descente permet brièvement de se décontracter les cuisses, avant de se confronter à un nouveau mur, pénible physiquement et moralement. Là, le plus dur est fait, il reste un ultime coup de reins pour parvenir au Breitfist et à la route des Crêtes. Ouf !
C'est parti pour le Platzer !

Virage Loeb.

On rattrape Olivier parti seul après notre arrêt bidon.

Platzerwasel.

Platzerwasel.

Ça devient bon !

Breitfist.

Vue sur les Crêtes.

Le plus dur est derrière nous !
Rhabillage pour attaquer la route des Crêtes.
Après s'être rapidement ravitaillés, on réenfile les coupe-vent, car là-haut, l'atmosphère est vraiment frisquette, et le vent va nous refaire front pendant une dizaine de km, jusque la route des Américains, par laquelle nous redescendons dans la vallée des lacs. Pour y parvenir, nous devons toutefois franchir le col des Feignes, pas toujours simple avec la bise dans les narines, avant, enfin, de bénéficier des faveurs d'Eole jusqu'aux berges du lac de Longemer, scintillant dans son écrin de verdure.
Route des Crêtes.

Route des Crêtes.

Route des Crêtes.

Piste verte, ou rouge selon la saison.

Col des Feignes.

Lac de Longemer.
Oui mais voilà, le but inavoué de cette sortie était d'engranger du D+ avant d'affronter le Ventoux, et de passer le cap des 4000 m avec un kilométrage similaire. Alors comme prévu, on clignote à gauche  direction la "route des 17 km" pour un dernier effort. Coriace, cette petite route n'en finit pas de grimper sur une route forestière étroite et gravillonneuse : on prend d'abord 200 m d'altitude en 3 km (ça pique un peu) puis 100 m en 4 km. Nous surplombons d'abord Xonrupt, passons à hauteur du Poli, puis arrivons aux Rochires. La suite est beaucoup plus simple. La route continue de serpenter et de longer le massif, on traverse les différentes pistes de ski de la station, la Chaume Francis et la Mauselaine, puis il n'y a plus qu'à dévaler jusqu'au pied de la Rayée et le tour est joué !
Route des 17 km.

Route des 17 km au sommet des Gouttridos.

Route des 17 km, vue sur Gérardmer.

Une belle équipe, qui ne demande qu'à se réunir de nouveau !
Une sacrée vadrouille qui se conclut par 175 km et 4200 m D+ parcourus pour ma part en 7h08, et un peu moins pour mes collègues, plus aériens en montée. Quelle journée ! Après cela, je pense pouvoir aborder les échéances à venir avec sérénité : la préparation a été idéale !

Le parcours :

2 commentaires:

  1. Bravo à vous trois . une superbes sorties de costauds..... on voit bien que les organisateurs ASO ne connaissent pas bien Alsace... mais par contre suis surpris de voir le Petit Ballon par Wasserbourg , je croyais qu' il ' avait mis par le Ried...
    bon, c' est déja mieux si c' est pas ce versant........HIHI En tous les cas .... une jolie sortie ...et sympa ton compte rendu Lionel.... à un de ces jours

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    1. Salut Pascal, la montée par Wasserbourg, tu la connais par cœur ! Mais nous avons quitté le parcours de l'Etape Gdmer - Mulhouse après la côte du couvent St Marc, qui ne passe donc pas par le Petit Ballon. Par contre, Mulhouse - Planche des Belles Filles le lendemain y passe bien, et par le côté Munster - Ried ! Dommage ...

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